Hang – « J’aimerais pouvoir faire quelque chose pour changer la donne, mais je ne sais pas par où commencer »

Peux-tu te presenter ?

Je m’appelle Hang, j’ai 32 ans et je vis dans ma région d’Hanoi. Je travaille dans une ONG, qui s’occupe des enfants dont les familles font face à des difficultés. Je suis issue d’une famille de sept membres : ma mère, mes quatre frères, ma soeur et moi. Mon père est décédé lorsque j’étais encore enfant.

Comment as-tu vécu ton enfance et ton adolescence ?

J’ai assez bien vécu mon enfance. Nous avions quelques difficultés financières, notamment suite au décès de mon père mais ma mère a toujours beaucoup travaillé pour que nous ayons un mode de vie et une éducation correcte. Elle m’a poussée autant que mes frères à faire des études et à faire en sorte que je puisse être indépendante. Je n’ai jamais vu de différences entre l’éducation qu’elle m’a donnée et la leur.

J’ai pu poursuivre mes études et aller à l’université, et je m’épanouis aujourd’hui dans un travail qui me plaît. J’ai cependant conscience que cela n’est pas le cas dans toutes les régions du Viêtnam, où certaines filles doivent arrêter l’école, au profit de l’éducation de leurs frères.

Quels sont pour toi les grands enjeux pour les femmes vietnamiennes ?

Je pense que la situation est bien meilleure aujourd’hui. Mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre l’égalité. Le principal problème reste surtout la pensée collective, qui place encore la femme dans une position inférieure à l’homme, la limitant seulement à la ménagère tenante du foyer. Ce mindset, ancré dans la culture vietnamienne, est difficile à changer et nécessite un travail de fond. Il place d’autant plus les femmes dans une position délicate, en leur faisant croire qu’elles auraient besoin d’un mari qui pourrait prendre soin d’elle et les entretenir.

Ma soeur, par exemple, est bloquée dans ce schéma. Elle ne travaille pas et n’a comme rôle seulement celui de maîtresse de maison, responsable de l’éducation des enfants. Et son pouvoir de décision très limité dans sa famille car c’est son mari qui travaille à la prospérité économique du foyer.

Comment te sens-tu en tant que femme dans ton pays ?

Je suis assez déçue de la situation dans laquelle se trouvent les femmes vietnamiennes. Elles ont plus d’opportunités mais restent économiquement lésées, et socialement oubliées. Aucune structure d’accompagnement ou d’aide n’est réellement mise en place dans le pays pour aider les femmes en difficulté. Aucune loi ne les protège. On a récemment eu le cas d’une jeune femme qui a été sexuellement abusée. Cette histoire a été relayée dans les médias mais n’a fait parler d’elle seulement une journée ou deux. L’agresseur a été condamné à verser à la somme de 200000 VND (10USD), ce qui est ridicule pour le crime commis. Après ça, l’histoire s’est tassée assez rapidement et les choses ont repris leur cours.  

J’aimerais vraiment pouvoir faire quelque chose pour changer la donne, mais comme la plupart des femmes conscientes de ces problèmes, je ne sais pas par où ni comment commencer.


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